Diatribe à mon être : faille sur les forges de l’abandon
Vert feuilles, bleu ciel, chaude jungle
En tailleur, je m’assois sur le fébrile tapis
Alphonso et moi pelletons quelques nuages sur le dos du voyage en devenir
Jouant au junkie, Alphonso torche quelques flocons
Bon joueur, je suis sa track et j’inhale
Devant mes yeux, Il devient pixels, la réalité glisse
Je capte un message clair, limpide, retentissant ‘’C’est Ça!’’
Sur le tapis de l’abandon, je me laisse coucher, tout s’accélère,
Je vie, je brise, je crack, je fends et je pourfends, je suis catapulté
La vitesse devient ultime, la vélocité maximale, le tunnel est lancé
L’expansion est infinie, la confusion complète,
Une intelligence observe, est-elle artificielle ou Antropic
Le temps expire, les dimensions s’estompent, l’espace-temps s’est effritée
Le rideau est tiré sur l’observateur et l’observé, la dualité s’est barrée
L’onde devient ligne, le pendule est stoppé
Albert, est-ce le grand gel, le fameux big freeze dont tu parles?
L’Univers arrête de respirer,
Je suis partout, je suis nulle part,
Je suis Tout, je ne suis rien
Je sais Tout, je ne sais rien
S’ouvre une brèche, une entaille, une faille
Séparant le fondamental de l’incarnation
Les forges de l’abandon se dévoilent
C’est un passage sur l’infini, dévoilant Vérité, Amour et Lumière
Un photon d’une précision ahurissante s’y Planck
Je m’en rapproche sans jamais pouvoir y arriver
Je suis forgé par l’abandon, je danse avec l’éternité
Transcendance, extase, béatitude, prennent enfin leur sens
Mon refus d’exister perd le sien
Sans devenir le voyage, la quête est futile
Une divine étincelle joue au pacemaker, survoltant une nouvelle pulsion de vivre
Miroir de mon sternum, la brèche se resserre
L’onde reprend sa longueur, le pendule remarque le temps
L’Univers respire à nouveau
Une certitude, …, j’y ai touché!
La chair retrouve son rythme, le trivial est de retour,
J’atterris doucement dans mon être
Mes sens reprennent du service
En écho à la béatitude, j’intègre la félicité qui m’habite,
Et à nouveau, j’hallucine ma vie!
Serge